Pourquoi ne pas négliger le diagnostic plomb avant travaux

Pourquoi ne pas négliger le diagnostic plomb avant travaux

Le plomb est la bête noire des professionnels du bâtiment. Son ingestion ou son inhalation, même en quantités infinitésimales, représente un risque important pour la santé en cas d’exposition prolongée. Vapeurs comme particules fines sont à l’origine de troubles irréversibles graves sur le système nerveux et le cerveau. Il peut aussi bien être la cause de neuropathies sévères, de troubles de l’humeur et de la mémoire que de crises d’anémie ou de convulsions persistantes. Afin de préserver la santé des ouvriers et des artisans, qui y sont particulièrement exposés en cas de responsabilités sur plusieurs chantiers, les propriétaires sont tenus d’effectuer un diagnostic plomb avant travaux à fournir au maître d’ouvrage pour prévenir tout danger relatif à cette substance.

Contrairement à la plupart des diagnostics techniques, celui du plomb est obligatoire dans 100% des cas. En tant que matière classée CMR (cancérigène, mutagène reprotoxique), son traitement et sa manipulation doivent s’effectuer avec les plus grandes précautions. Du plomb non déclaré ne met rien de moins que la santé de l’artisan en jeu. Logement.fr vous aide à y voir plus clair. 

 

Objectifs et nécessité du diagnostic plomb avant travaux

Un bilan préventif

Le diagnostic plomb avant travaux pourrait évoquer le Constat de risque d’exposition au plomb (CREP). Celui-ci figure parmi les pièces justificatives du Dossier de diagnostic technique (DDT) et a été mis en place par le Code de santé publique pour prévenir notamment le saturnisme (intoxication au plomb, ndlr) infantile. Le diagnostic plomb avant travaux quant à lui concerne les professionnels du bâtiment appelés à intervenir sur l’installation concernée. 

Toute exposition au plomb par un ouvrier ou un artisan doit ainsi être anticipée dans le cadre de travaux de rénovation ou même de démolition. Le maître d’œuvre, le coordonnateur SPS (Sécurité et Protection de la Santé) ou l’entreprise réalisant les travaux sont soumis à la charge égale de faire réaliser le diagnostic par le donneur d’ordre avant que le moindre chantier ne soit entrepris. Les résultats d’un repérage complet évaluent entre autre les risques d’exposition professionnelle au plomb et ceux de contamination du voisinage et de l’environnement. Il doit donner suffisamment d’informations pour permettre de dresser un programme de rénovation adapté au danger que peut représenter la quantité de plomb trouvée dans une structure.

ouvrier protégé du plomb
Protéger les ouvriers des vapeurs du plomb : une priorité !

 

Méthodologie du diagnostic plomb avant travaux

Un diagnostic plomb doit être accompli en étroite collaboration avec le donneur d’ordre, qui doit fournir un certain nombre d’informations quant à la structure diagnostiquée. Plan des locaux, liste détaillée des éléments à diagnostiquer et rapports antérieurs sur l’état de l’installation quant à la présence de plomb (incluant CREP et DRIPP, Diagnostic du risque d’intoxication par le plomb des peintures) constituent autant d’éléments que le maître d’œuvre doit avoir portés à sa connaissance au moment des travaux.

Une fois en possession de tous ces documents, un professionnel agréé et certifié doit être appelé pour réaliser un audit complet de l’installation. Il réalise alors : 

  • Une visite intégrale du bâtiment, lors de laquelle il dresse le bilan de chaque composant susceptible de présenter un risque dans le périmètre des travaux envisagés (appelées, en l’occurrence, unités de diagnostic).
  • Il analyse ensuite chaque unité de diagnostic par spectrométrie afin de les classer selon leur concentration respective en plomb. 
  • Canalisations et feuilles d’étanchéité sont généralement constituées de plomb métallique, il convient donc au technicien de les inclure dans son rapport.

Ce bilan ne contient aucune appréciation personnelle, et ne fait qu’office de constat. C’est au maître d’œuvre d’évaluer le risque représenté par l’ensemble de la structure et les mesures de prévention à prendre. 

 

Quels sont les composants les plus susceptibles de contenir du plomb ?

Si le diagnostic plomb est obligatoire, ce n’est pas sans raison. Les autorités de santé ont beau être conscientes de sa nocivité de longue date, les mesures prises à son encontre ne l’ont été que progressivement, et ses dernières traces d’utilisation dans la structure des bâtiments remontent à peine au début des années 2000. Du plomb peut ainsi être diagnostiqué dans toutes les habitations, quel que soit leur ancienneté, et se trouve la plupart du temps dans les mêmes équipements.

 

Le plomb dans les revêtements

Il n’est ainsi pas rare de trouver de cette matière dans les éléments de revêtement tels que :

  • la peinture (classique, anticorrosion et décorative) et certains de ses pigments (notamment le chromate de plomb) ; 
  • les vernis
  • les siccatifs utilisés pour ces deux derniers (à base d’acétate de plomb)
  • les enduits
  • les papiers-peints à feuille de plomb contrecollée ; 
  • les tissus muraux ;
  • la colle utilisée pour la tenue de ces différents revêtements.

 

Des matériaux en plomb

matériau plombLe plomb peut également faire office de composante pour d’autres types de matériaux, parmi lesquels : 

  • les canalisations
  • les câbles gaînés
  • les éléments d’isolation phonique ;
  • les couvertures étanchéifiées ;
  • les cache-scellements en fer forgé, utilisés pour l’équilibre des rambardes.

La chasse au plomb est engagée de longue date par les ouvriers et les artisans ; il n’en a pas disparu pour autant, tant s’en faut. Autant se préserver de tous les effets néfastes que peut entraîner son exposition !

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